Liberté, égalité, fraternité…Les idéaux républicains : réalités ou fictions ?

              

              

 

Le 26 août 1789 l’Assemblée nationale constituante avait voté un texte « solennel » intitulé « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ». Cette proclamation révolutionnaire fut placée en tête de la Constitution française de 1791…Parmi les 17 articles mentionnés,  on note « les principes de 1789 » dont l’un évoque « l’égalité politique et sociale de tous les citoyens »…un autre encore « le respect des opinions et des croyances » ou encore « la répartition équitable des impôts consentis librement par les représentants du pays »…Le contenu de la Déclaration des droits de l’homme  se « popularisa » immédiatement sous la forme « d’idéaux républicains : liberté, égalité, fraternité. 

La France, à juste titre, est très fière de « ses idéaux » et depuis l’avènement de la République, chaque homme politique se pose en « défenseur de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ». Ces idéaux sont-ils vraiment appliqués dans la vie citoyenne ? Une vision rapide semble le confirmer…Existe-t-il un pays où l’on serait plus « libre » qu’en France ? . Certes, non. Plus « égal » ? La réponse ne peut être que circonstancielle et très nuancée.. Sommes-nous plus « fraternels » en France ? Il existe heureusement des initiatives privées remarquables qui font l’honneur de la France tels « les restos du cœurs », « les Compagnons d’Emmaüs », « le secours catholique » etc…Poussés par les citoyens qui sont autant d’électeurs, les hommes politiques doivent aussi engager l’Etat dans les actions et aides sociales, à telle enseigne que les choix budgétaires sont souvent l’objet de confrontations passionnées. Selon leur « couleur politique », les responsables seront accusés de faire « trop » ou « pas assez de social » ! Il suffit de suivre les débats politiques actuels autour de l’élection pour la Présidence de la République ! 

Mais ces discussions se prolongeront certainement bien au-delà de l’échéance électorale…Les questions sociales ne sauraient être réglées de manière purement « technique » par des engagements seulement financiers. Le problème est plus vaste et bien plus profond. 

Rudolf Steiner (se référer au site http://radher.free.fr) fut le premier à aborder ces problèmes sous un angle vraiment nouveau. Dans son enseignement, il a souligné que l’être humain n’était pas seulement un être physique, matériel, mais qu’il avait aussi une « réalité intérieure (son âme, son espace d’émotions) » et une « réalité spirituelle, transcendante (sa pensée, son espace de réflexion) ». Ce n’est qu’en intégrant ces « paramètres », qu’on arrivera à comprendre l’être humain et ses besoins réels. Partant de là, Rudolf Steiner a ouvert une multitude de « pistes » pour solutionner les divers problèmes sociaux, en soulignant toujours « qu’il n’existait pas une solution définitive pour tous les temps et tous les lieux. Les solutions devront être diversifiées géographiquement, historiquement, socialement. En étudiant l’Anthroposophie fondée par Rudolf Steiner,  patiemment, en profondeur, sans préjugés (mais en gardant son propre jugement), on peut vraiment découvrir des points de vue d’études passionnants qui nous poussent à réfléchir… Car ce n’est qu’à partir de la réflexion, que l’on peut aboutir une action ciblée et efficace. 

A titre d’encouragement à l’étude de l’œuvre de Rudolf Steiner, reprenons, dans le cadre de cet article sur les « idéaux républicains », les trois « piliers » pour les éclairer, très sommairement, à la lumière de l’Anthroposophie. 

Pour Rudolf Steiner (lire son ouvrage fondamental « La philosophie de la liberté »), la liberté attachée à la seule dimension physique est illusoire. Une réflexion personnelle vraiment objective nous prouvera, que dans notre organisation physique nous sommes en faits toujours « conditionnés de l’intérieur comme de l’extérieur », le conditionnement intérieur étant celui de nos émotions, nos sentiments etc.. Nous sommes entraînés, poussés par nos émotions…Ce n’est donc finalement que par sa dimension « spirituelle » (sa capacité de pouvoir « penser ») que l’être humain peut s’exercer à une véritable liberté : celle de choisir personnellement et en toute liberté le motif de sa pensée et y concentrer toute son attention, avec toute son énergie (sa volonté). Selon le degré d’intensité de ce « travail » (car cela suppose un effort personnel !), cette activité sera « une réflexion personnelle », « une contemplation personnelle » ou encore une « méditation personnelle ». Voilà par ex. un exercice personnel où toute individualité pourra faire l’expérience de ce qu’est une vraie liberté ! Sur quel plan se place « l’égalité » ? Les êtres considérés seulement sous l’aspect physique, ne sont jamais égalitaires. Les gènes, l’hérédité, l’environnement géographique etc. font qu’il existe une  diversité donc une inégalité. Si on prend cependant en compte la dimension « spirituelle » (la faculté du « penser ») de l’être humain, on retrouve une égalité. En tant qu’êtres spirituels, tous les hommes sont « des esprits qui sont capables de réfléchir ». Il ne faudrait cependant pas confondre la « capacité de réflexion » avec l’approche conventionnelle de ce que l’on entend par « intelligence » ou « QI » ! Les problèmes existentiels sont souvent mieux compris dans le cadre d’une bonne réflexion que sous une optique « intelligente, parfois très intellectuelle, donc abstraite » ! 

Quant à la « fraternité » cet « idéal » reste souvent assez flou. La « fraternité humaine » est une notion assez aléatoire. Elle  peut être abordée sous un angle religieux : les êtres humains sont des « créatures de Dieu » et doivent donc être solidaires. Sous l’angle laïc, la morale républicaine décrète la solidarité humaine comme une base essentielle pour la paix sociale. 

Comment peut-on intégrer les idéaux républicains dans le contexte social, en tenant compte de la spécificité humaine ? A partir de son analyse, Rudolf Steiner propose trois pistes. La liberté appartenant au « domaine de l’esprit » , toute organisation sociale doit assurer à tous les citoyens, à tous les individus une « liberté d’esprit totale, inconditionnelle. Cela concerne la liberté d’opinion, de croyance, d’éducation, d’art et tout ce qui est du domaine de la pensée, tout ce qui nourrit ou favorise son développement. 

Pour ce qui est de l’égalité, l’Etat doit garantir celle-ci pour la protection de chaque individu. Mêmes droits, mêmes devoirs avec un souci particulier pour les plus défavorisés . C’est le devoir étatique de juridictions et d’exécutifs adéquats. 

La « fraternité » est placée, par Rudolf Steiner sous un angle inattendu et spécifique : elle devrait, selon lui, s’appliquer au domaine économique. L’économie devrait être au service de l’homme et subvenir à ses besoins. Au besoin de tous ! Et il devient dès lors évident que l’économie libérale fondée sur la concurrence et la course au profit, ne saurait à long terme exister, sans créer de plus en plus de conflits sociaux. L’accumulation de richesses pour une minorité, l’indigence, la misère pour la majorité, ne pourront contribuer à une paix sociale durable. Rudolf Steiner a souligné que la concurrence, une forme de guerre sociale dans la vie commerciale, était néfaste à l’individu et à la société. Seules la coopération et la collaboration pour des projets communs pour toute la société humaine peuvent contribuer à « fraterniser » les hommes. La seule concurrence « positive » est celle du domaine de « l’esprit » : par une émulation parmi les chercheurs par ex. pour trouver « les bonnes idées », les inventions utiles pour le bien de tous les hommes ! Et les « idées » sont « gratuites » car elles viennent « d’en-haut »… Les « chercheurs » ne pourraient « trouver » sans le « monde de la pensée », qui est d’ordre spirituel. 

  

Nous terminerons ces quelques « réflexions » qui ne prétendent nullement traiter les sujets en profondeur, mais qui voudraient encourager les personnes « pensantes et responsables » à aborder les écrits de Rudolf Steiner, en citant P. Archiati (un auteur anthroposophe qui a étudié à fond l’œuvre de R. Steiner) qui résume ainsi les thèmes abordés : 

 

«   Dans la vie professionnelle d’aujourd’hui, l’homme a surtout besoin de courage, le courage que ne peut conférer que l’amour. Le matérialisme se caractérise par un manque d’amour pour l’homme, car il paye le travail comme une marchandise et de ce fait traite l’homme lui-même comme une marchandise

L’homme aspire à la liberté pour développer ses aptitudes et il a besoin d’une aide fraternelle pour subvenir à ses besoins. Il vit sa dignité dans l’égalité de tous les hommes. «  

 

                

Publié dans : Spiritualité |le 8 mai, 2007 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 29 mai, 2007 à 17:13 Bouteiller Betty écrit:

    Bonjour,
    Quelque temps avant sa mort, R Steiner faisait la prophétie suivante: « J’ai dit que ceux qui se trouvent dans le mouvement anthroposophique d’une façon intérieure et engagée reviendront à la fin du siècle et d’autres s’uniront alors à eux pour le salut du monde et de la civilisation humaine qui devra être sauvée de la destruction. »
    Pouvez vous m’aider à trouver la conférence ou la référence du livre ? Dans la fraternité, recevez toute ma gratitude
    Betty

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